Chansons à l’oreille

Dans la philosophie de la méthode Suzuki, l’enfant doit s’immerger complètement dans le nouvel univers musical. Pour se faire, il écoute avec ses parents les enregistrements des pièces tous les jours. Tout comme l’apprentissage d’une nouvelle langue, l’enfant écoutera simplement les nouveaux mots, phrases et mélodies de la nouvelle langue. Puis, il apprendra à dire de simples mots et ensuite à les mettre ensemble pour faire des phrases. Ce n’est que bien plus tard que l’enfant apprend à lire et à écrire la musique.

Cette méthode fait travailler énormément les oreilles des élèves et les rend ensuite capables d’entendre leurs propres fausses notes ou erreurs et de les corriger! Ils jouent en général très juste!

Pour apprendre à l’oreille, il est plus facile d’apprendre de courtes chansons que l’enfant connaît très bien, comme des berceuses ou des comptines, qui sont souvent écrites très simplement (Dans la tonalité de La majeur, quelques notes seulement sur la corde de La).

Objectifs:

  • Travailler l’écoute;
  • Développer l’oreille musicale;
  • Apprendre à faire des comparaisons et des liens entre les notes entendues et jouées;
  • Apprendre à reconnaître la bonne justesse;
  • Travailler la mémoire;
  • Apprendre à garder un tempo stable et à garder la bonne hauteur des notes sans aide;
  • Expérimenter;
  • Faire travailler la mémoire et les oreilles au lieu de ses yeux.

Matériel : le violon, l’archet et des enregistrements de pièces très simples. Demander au professeur de l’enfant des enregistrements des pièces à apprendre à l’oreille qui seront simples pour lui. Sinon, on peut aussi apprendre des chansons de mémoire comme Joyeux anniversaire, Frère Jacques ou Au clair de la lune en les commençant par la corde de la.

Procédure : apprendre un petit bout chaque jour ou une fois par semaine sans l’écrire! Au début, il devra faire plusieurs essais avant de trouver les notes. L’exercice deviendra graduellement beaucoup plus facile, c’est pourquoi il est important de commencer par des choses simples, et par une ou deux phrases par jour. Il peut être utile de chanter, fredonner, siffler, et faire jouer un enregistrement de la pièce souvent.

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Chansons à l’oreille

L’histoire

Les enfants ont une imagination débordante! Pourquoi ne pas la mettre au service de l’expressivité dans la pièce que votre enfant travaille ?! Si ses idées sont prises en considération, l’enfant risque d’avoir encore plus de plaisir à travailler sa pièce, car elle représente ses propres choix esthétiques.

Objectifs:

  • Inspirer l’enfant à imaginer ce que la musique représente pour lui;
  • Le faire jouer de façon vivante;
  • Se questionner sur les intentions du compositeur à l’aide de différents paramètres (paroles, tonalité, rythmes, nuances, articulations, mouvement mélodique, etc.);
  • Découvrir toutes sortes de nouvelles sonorités;
  • Varier sa manière de jouer;

Matériel : le violon, l’archet, une chaîne stéréo, les pièces du répertoire de l’enfant, du papier, des crayons de couleur, des images inspirantes.

Procédure : faire jouer une pièce du répertoire de l’enfant et lui demander de dessiner ou de décrire ce que la pièce dégage comme émotion (joie, tristesse, colère, etc.). On peut le faire sous forme de bande dessinée; chaque case correspond à une section de la pièce.

Inventer une histoire qui correspond à la forme (les phrases, la tonalité, le registre, etc.) ou au titre de la pièce travaillée. Si la pièce contient des paroles, s’en inspirer pour imaginer l’histoire. Si aucune parole ou nuance n’est inscrite, en inventer ou en ajouter. L’enfant aura plus tendance à les apprécier et à les intégrer dans son jeu s’il les a lui-même inscrites à la pièce.

Utiliser une image d’un livre d’histoire ou d’une recherche internet qui décrit bien l’histoire inventée ou la vraie histoire de la pièce. La placer près de la partition pour s’en inspirer.

Ex. : Il était un petit navire

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L’histoire

La liste

La plupart des gens ont une « to do list », une liste des choses qu’ils ont à faire. Elle est souvent longue, et on voit rarement la fin :). Se faire une liste de choses à travailler peut être un bon outil pour garder sa concentration, mais aussi pour garder en note notre progression lorsque l’on travaille une nouvelle pièce.

Il faut premièrement que la liste de choses à faire (ou de passages à travailler) soit d’une longueur réaliste, pour le temps dont on dispose. Pour votre enfant ou votre élève, il peut s’agir de 3 à 10 choses, dépendent aussi de leur âge et de leur capacité à rester concentré. Une liste qui n’en finit plus ou à laquelle on ajoute toujours une nouvelle tâche peut grandement nuire à la motivation de l’enfant. Déterminez ensemble et avant la pratique les choses qui seront travaillées et tenez-vous-en à cela!

Gardez une trace de ces listes peut nous aider et aider l’enfant à voir la progression de son travail. Avec une liste, il est plus facile de s’assurer de travailler tous les passages d’une pièce, plutôt que toujours les mêmes. Garder un journal de bord, un tableau ou une simple feuille est un outil indispensable pour une pratique structurée!

Objectif: répéter un passage sans s’ennuyer!

Matériel : le violon, l’archet, une liste des choses à travailler ou un tableau blanc ou noir sur lequel on écrit les choses à travailler, un dessin (sur lequel on laisse l’enfant colorier une partie chaque fois qu’il réussit un passage trois fois parfaitement), etc.

Procédure : laisser l’enfant cocher, colorier, rayer ou effacer sur un tableau chaque fois qu’il fait une bonne répétition. Avoir un nombre prédéterminé de répétitions en commençant. Déterminer ensemble les critères à avoir pour qu’une répétition soit considérée « parfaite ».

La liste

Les animaux

Bon retour de relâche ! J’espère que vous avez pris le temps de bien vous reposer, de passer du temps en famille et de jouer de la musique pour le plaisir !

Voici une autre folle activité pour assurer une bonne tenue de l’archet. J’adore travailler la tenue d’archet de mes élèves avec ces activités! Les enfants ont une imagination débordante; cette activité est un bon moment pour permettre à l’enfant de la laisser aller! Ils inventent toujours de merveilleux exercices avec les animaux!

Les animaux sont tous différents et ont tous des caractéristiques uniques. Tenter d’en imaginer et de les mimer à l’aide de l’archet. Il peut s’agir d’une partie du corps, d’une démarche ou d’un geste particulier de l’animal.

Objectifs: 

  • Vérifier et réviser toute la tenue de l’archet à travers les éléments trouvés au fond de l’eau, dans l’espace ou chez les animaux;
  • S’habituer à la tenue d’archet dans toutes sortes de situations;
  • Bouger l’archet dans tous les sens et contrôler ses mouvements.

Les activités demandent de bouger la main droite, ou même tout le corps, selon l’élément présenté. L’enfant doit bouger son archet selon les indications, mais il doit garder une tenue d’archet parfaite en tout temps. Lorsqu’une activité demande de placer l’archet à l’horizontale, il faut toujours s’assurer de soutenir l’archet avec l’autre main, ou de le déposer (sur l’épaule ou le violon), car cette position peut occasionner des tensions dans l’auriculaire droit.

Matériel : l’archet. On peut présenter plusieurs images d’animaux et demander à l’enfant de décrire ce qu’il voit et comment le faire avec son archet.

Procédure : demander à l’enfant d’énumérer des noms d’animaux et d’imager comment les recréer avec son archet.

Toujours s’assurer que la tenue d’archet est en place et sans tension exagérée.

L’aigle, l’oisillon et la poule

Décrire les mouvements d’ailes avec les bras et l’archet. Les grands battements d’ailes sont pour l’aigle, les petits pour l’oisillon et les ailes de poule se font les bras repliés.

L’éléphant

Imiter la trompe de l’éléphant.

Le crocodile

Imiter la mâchoire inférieure du crocodile avec votre archet dans la main droite et le bras droit, et la mâchoire supérieure avec la main et le bras gauche. Inverser les bras.

Le paon

Le paon déploie ses plumes de gauche à droite. Tenir l’archet en position verticale et balancer l’archet de gauche à droite (voir l’activité « Les essuie-glaces »). Il est aussi possible d’imiter la queue du paon avec l’archet dans le dos. C’est plus difficile!

La limace

La limace se déplace lentement en glissant. Placer l’archet en position horizontale et soutenir l’autre extrémité avec la main gauche. La main droite doit glisser tout le long de la baguette et revenir à sa position de départ. Vérifier que la main garde toujours la même position.

Le serpent

Imiter les déplacements du serpent avec l’archet. Le serpent décrit des mouvements en « S ».

Le lapin

Plusieurs élèves de violon ont appris à tenir l’archet avec cette petite histoire.

  1. Arrondir le pouce droit pour faire la bouche, le sourire du lapin.
    lapin
  2. L’anneau formé par le pouce et le majeur forme la bouche du lapin.
    lapin2lapin3
  3. Lorsqu’on laisse tomber l’annulaire près du majeur, nous avons le museau du lapin. L’auriculaire et l’index forment les oreilles.
    lapin4
  4. Le lapin peut ensuite « croquer » dans la « carotte » (l’archet)…
    lapin5
  5. … et laisser tomber ses oreilles.
    lapin7
  6. S’assurer que le pouce est toujours arrondi, que le lapin « sourit » toujours.
    lapin8


    Ces activités présentées sont largement inspirées des folies d’archet de Noémie Robidas. L’activité « Le lapin » est inspirée de la Méthode élémentaire de violon de Claude Létourneau. L’image à la une vient d’une recherche web.

Les animaux

Les créatures de liège

La posture au violon est un élément très important à ne pas négliger, et ce, tout au long de l’apprentissage. Que l’on soit débutant, intermédiaire ou avancé, la posture est un élément qu’il faut constamment surveiller pour éviter des blessures, des tensions, des frustrations et des déceptions.

Les violonistes débutants ont tendance à laisser reposer leur violon à la base des doigts, entre le pouce et l’index alors qu’il devrait y avoir un petit espace libre (voir image ci-dessous). Cette activité permet de remédier à la situation à l’aide de drôles de créatures!

Objectif(s) : cela permet de garder leur poignet détendu, de rappeler à l’enfant de placer le bout de son pouce sur le côté du manche et de garder un petit trou pour sa créature.

Matériel : le violon, l’archet, un bouchon de liège et un crayon-feutre à pointe fine pour dessiner la créature. Pour les élèves qui ont de petites mains, il peut être difficile d’utiliser les bouchons de liège, il est donc possible de remplacer le bouchon par une petite balle de mousse avec de grands yeux globuleux.

Procédure : placer un bouchon de vin en liège comme sur l’image ci-dessous. L’enfant peut y dessiner des visages (les créatures de liège) et leur donner des noms. Il faut rappeler à l’enfant de prendre soin son nouvel ami et de lui laisser de l’espace!

créature de liège


Trouvez l’image et l’article originaux de Sue on music ici.

Les créatures de liège

Le porteur d’eau

Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour adopter une bonne posture. Qu’on joue d’un instrument de musique ou non, avoir une bonne posture a de nombreux effets bénéfiques sur la santé:

  • Améliore la respiration (la cage thoracique n’est pas compressée)
  • Réduction des tensions sur tout le corps
  • Meilleur équilibre musculaire
  • Meilleure gestion de son énergie (Site de la technique Alexander)
  • Etc.

Comme certaines femmes transportent l’eau dans d’immenses contenants placés sur le dessus de leur tête! Nous nous inspirons de ces femmes pour la prochaine activité qui aide à prendre conscience de sa (bonne ou moins bonne) posture.

Objectif(s) : l’enfant développe une meilleure posture et allonge sa colonne vertébrale vers le haut.

Matériel : le violon, l’archet et un petit objet non fragile comme un chocolat Hershey, une gomme à effacer, une peluche, un crayon, un livre, etc.

Procédure : placer un petit objet sur la tête de l’enfant et lui demander de jouer quelque chose sans faire tomber l’objet. Cela peut être très drôle!

Je profite aussi de cet article pour vous souhaiter une excellente semaine de relâche à vous, vos élèves ou vos enfants!


Image trouvée ici.

Le porteur d’eau

L’improvisation

L’improvisation permet à l’enfant de faire aller son imagination, de jouer ce qu’il lui plaît et d’expérimenter de nouvelles choses à l’instrument, sans contraintes. C’est une excellente façon de se détendre à la fin d’une pratique à la maison. Cette simple activité peut donner plus de confiance à un enfant, car on lui donne la possibilité de jouer ce qu’il veut, sans restriction et sans l’arrêter.

Objectifs:

  • Créer un sentiment d’appartenance;
  • Partager ses connaissances et ses difficultés;
  • Avoir du plaisir;
  • S’entraider;
  • Rompre la monotonie que peut parfois entraîner l’apprentissage d’un instrument de musique;
  • Consolider ses apprentissages.

Matériel : le violon et l’archet.

Procédure : pendant qu’un des deux enfants joue une pièce, l’autre peut improviser un accompagnement, avec les notes de son choix, dans l’ordre qu’il veut, pourvu que ce soit dans la bonne tonalité (dans la même gamme). De cette façon, ils apprennent à entendre et à apprécier les dissonances et les consonances et apprennent à trouver les meilleures notes pour aller avec d’autres.

On peut aussi faire l’activité « La grande conversation » dans la section « Qualité du son et expressivité ».


-https://fr.wikipedia.org/wiki/Improvisation_musicale
-Paul Rolland, dans son ouvrage Enseignement du mouvement dans le jeu des cordes, met beaucoup d’importance sur l’improvisation de petits accompagnement de cordes à vide sur des mélodies connues. C’est le meilleur moyen de commencer.
-Noémie Robidas a conçu 10 petits jeux sur l’improvisation musicale. Ils sont spécialement conçus pour les enfants et sont très amusant à faire!
-www.improviseforreal.com

L’improvisation